La justice restaurative, une pratique qui va dans la bonne direction.
Mathilde STEENBERGEN La lucidité au sommet de l'administration pénitentiaire
Elle n'en dort plus - et elle le dit.
Une haute fonctionnaire qui refuse le confort du silence institutionnel - et qui ose dire, publiquement, que le système qu'elle dirige va coûter des vies, des deux côtés des barreaux. Une réalité qui l’empêche de dormir. Rare.
Mais elle ne se contente pas de dénoncer : elle cherche des solutions, même impopulaires, même inconfortables, même si ça lui coûte. Ce n'est pas facile. Elle le sait. Elle le fait quand même. Encore plus rare.
Il y a des fonctionnaires qui gèrent des dossiers. Et il y a Mathilde STEENBERGEN, qui refuse de transformer une catastrophe humaine en statistique administrative.
Dans sa lettre ouverte, elle ne plaide pas pour elle-même - elle plaide pour ce qu'elle voit tous les jours. Elle rappelle que les prisons belges comptent près de 13 700 personnes détenues, dont 672 dorment à même le sol, et que le système craque de toutes parts. Des chiffres qu'elle aurait pu enfouir dans un rapport technique. Elle choisit, elle, de les rendre publics - et de les porter.
Ce qui me frappe chez elle, c'est cette phrase qu'elle laisse échapper, presque malgré elle : ces chiffres, dit-elle, l'empêchent de dormir. Une directrice générale qui admet ne pas trouver le repos face à ce que son administration endure et fait endurer - ça ne s'invente pas, et ça ne se feint pas non plus.
Elle sait aussi que ses solutions sont politiquement inconfortables - la libération anticipée sous conditions, l'appel à des mesures impopulaires.
Elle les porte quand même, en disant tout haut que ce n'est pas évident de prendre des décisions impopulaires, mais que c'est nécessaire pour que le système puisse survivre.
Je l'ai rencontrée récemment, en tête-à-tête, dans son bureau. Et ce que j'avais pressenti à la lecture de sa lettre - la lucidité, la sincérité, l'indépendance d'esprit, le refus du confort institutionnel - n'a fait que se confirmer, sans aucune fissure.
J'ai vu peu de responsables institutionnels capables de dire, sans détour, que le système qu'ils dirigent est en train de craquer. Mathilde Steenbergen le dit - je l'ai vue le penser vraiment - et c'est précisément pour ça qu'elle mérite d'être entendue.
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Découvrez sa lettre ouverte.
Nos gens méritent votre courage
Pas un livre. Un cri d'alarme, signé par celle qui dirige les prisons belges. Elle y écrit que le risque de morts en détention est aujourd'hui bien réel, pas hypothétique - et elle demande, non pas de la pitié, mais du courage politique.
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D'autres baffes m'attendent : retour à mes sources d'inspiration

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