La surpopulation carcérale comme partie visible de l'iceberg.
Le narcotrafic Un ennemi si commode ...
On l'exhibe. Et le reste disparaît.
Un arbre bien placé qui cache la forêt.
On parle de lutte. On donne l’impression d’agir.
Mais pendant ce temps, on évite l’essentiel.
“Narcotrafic.”
Le mot claque.
Il est lourd.
Il est simple.
Il est efficace.
Il dit tout — en apparence.
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Un ennemi.
Clair.
Identifiable.
Pratique.
Parce qu’un ennemi, ça rassemble.
Ça justifie.
Ça simplifie.
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Alors on construit autour.
Des discours fermes.
Des annonces.
Des plans.
On parle de réseaux.
De guerre.
De territoires à reprendre.
Et tout devient lisible.
Trop lisible.
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Parce que derrière le mot, il y a autre chose.
Des jeunes.
Très jeunes, parfois.
Pas des stratèges.
Pas des “barons”.
Des exécutants.
Ceux qu’on voit.
Ceux qu'on arrête.
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Ils sont faciles à désigner.
Ils sont visibles.
Remplaçables.
Interchangeables.
Alors on les nomme.
On les montre.
Et le mot “narcotrafic” continue de tenir.
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Mais il masque.
Il masque les trajectoires.
Les endroits où ça commence.
Les moments où ça bascule.
Pas dans une logique criminelle élaborée.
Mais dans des enchaînements.
Rapides.
Brefs.
Presque banals.
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Un besoin d’argent.
Une opportunité.
Un groupe.
Et puis, très vite, une place assignée.
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Ce n’est pas une excuse.
C’est une description.
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Parce que si tout devient “ennemi”,
plus rien n’est compris.
Et si rien n’est compris,
tout se répète.
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Le narcotrafic, alors, devient commode.
Il permet de parler fort.
De montrer qu’on agit.
De tracer une ligne nette entre “eux” et “nous”.
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Mais cette ligne est trompeuse.
Parce qu’elle évite une question plus inconfortable :
Pourquoi eux ?
Pourquoi ici ?
Pourquoi maintenant ?
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On préfère la certitude à l’analyse.
La fermeté à la complexité.
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Et pendant ce temps,
le système continue.
Silencieux.
Adaptable.
Il remplace ceux qui tombent.
Il recrute là où c’est possible.
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Alors on lutte.
Mais contre quoi exactement ?
Un mot ?
Une image ?
Ou une réalité qu’on ne regarde qu’à moitié ?
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“Narcotrafic.”
Le mot rassure.
Parce qu’il donne l’impression d’un combat clair.
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Mais les réalités qui se cachent derrière
ne le sont pas.
Et tant qu’elles ne le deviennent pas,
l’ennemi restera… commode.
Question 1
Réponse 1
Question 2
Réponse 2
Question 3
Réponse 3
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