Guillotiner Barella ne sauvera pas la prochaine Lyhanna.
Le constat La réalité telle qu'elle est - sans détour
Le constat : au-delà du laxisme
À chaque fait divers, le même réflexe : dénoncer le laxisme. La justice ne serait pas assez sévère. Ce mot tombe vite. Il dispense de réfléchir. Et surtout - il empêche de voir ce qui est vraiment en jeu.
Le mot qui évite tout
"Laxisme."
Le diagnostic paraît évident. Il est massif. Il est rassurant.
Mais est-il suffisant ?
Pire encore : et s'il nous empêchait de voir l'essentiel ?
Car, pendant qu'on débat de sévérité,
les résultats, eux, sont là.
Implacables. Indiscutables. Ignorés.
Ce que les chiffres disent
1 violeur sur 100 est condamné.
65 % des détenus récidivent.
95 % des infractions n'arrivent jamais devant un tribunal.
Ce ne sont pas des anomalies. Ce n'est pas le signe d'une justice trop douce.
C'est le signe d'une justice qui rate sa cible.
La récidive - la question centrale
La justice juge. Puis elle juge encore.
Souvent les mêmes.
La peine empêche-t-elle de recommencer ?
65 % des détenus récidivent.
Ce chiffre n'est pas un détail. C'est l'aveu d'un échec structurel.
La victime - l'angle mort
Beaucoup de victimes gardent le même sentiment.
Elles n'ont pas été entendues. Elles ont subi la procédure. La justice leur a infligé une deuxième peine.
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, un raccourci vers le thème La victime
Les plus fragiles - toujours les mêmes
Les mêmes visages reviennent.
Précarité. Addictions. Troubles psychologiques.
Ce n'est pas une coïncidence.
La justice frappe là où c'est le plus visible. Là où c'est le plus facile.
Les fragiles ne se défendent pas bien. Ils n'ont pas toujours les ressources. Ni les avocats. Ni les réseaux. Ni les mots.
Ils sont une cible commode.
Pendant ce temps - la délinquance en col blanc prospère. La corruption s'organise. La fraude fiscale s'institutionnalise.
Ces infractions coûtent infiniment plus à la société. Mais elles sont infiniment moins visibles. Et infiniment moins poursuivies.
La justice sait sanctionner les fragiles. Elle ne sait pas empêcher qu'ils y reviennent. Et elle regarde ailleurs quand les puissants déraillent.
Ce qui éclate au grand jour
Deux phénomènes rendent ces fragilités visibles à tous.
Deux révélateurs que personne ne peut ignorer.
Le narcotrafic.
Malgré des années de répression intensive, il persiste. Il s'adapte. Il recrute.
On arrête des exécutants. Le marché crée des postes vacants.
Comme si la réponse pénale ne l'atteignait pas vraiment.
Comme si on se trompait de cible depuis le début.
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, un raccourci vers le thème Le narcotrafic
La prison.
Saturée. Sous tension. Contre-productive.
Comme si toutes les failles du système finissaient par s'y concentrer.
Comme si la prison fabriquait autant de problèmes qu'elle prétend en résoudre.
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, un raccourci vers le thème L'emprisonnement
Je ne suis pas neutre. Je ne l'ai jamais été.
Sévère ne veut pas dire efficace
On débat depuis des décennies de la sévérité des peines.
Personne ne pose la seule question qui compte : est-ce que ça marche ?
Les chiffres disent non.
Je ne vois pas là une justice trop douce. Je vois une justice qui se trompe de combat depuis le début.
Et qui s'étonne, sincèrement, de ne pas gagner.
Je vis ces chiffres depuis trente ans. Et je refuse de faire semblant de ne pas comprendre ce qu'ils disent.
On a construit un système pour punir. Pas pour protéger. Je ne cesserai pas de le répéter.
Une justice qui ne protège pas durablement n'est pas une justice forte - quelle que soit la sévérité de ses peines.
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Bruno GYSELS - avocat - empêcheur de juger en rond
- La justice punit. Mais protège-t-elle vraiment ? Les chiffres répondent - et la réponse dérange.
- La justice frappe là où c'est le plus facile - les fragiles. Elle regarde ailleurs quand les puissants déraillent.
- Ce constat dérange. Il doit déranger. La question suivante s'impose : pourquoi ?

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