La surpopulation carcérale comme partie visible de l'iceberg.
L'emprisonnement Punir rassure. Comprendre protège.
La prison rend-elle la société plus sûre ?
Si, d'après vous, les détenus ont simplement “ce qu’ils méritent” …
... alors cette page est faite pour vous.
Une analyse lucide.
Une remise en question nécessaire.
Une réflexion sur les limites du tout-carcéral.
65% + 3.500 + 1.000 + 44% + 500 + 100 + 60% + 600
Les chiffres de l'emprisonnement en Belgique :
- 65 % : c'est le pourcentage de détenus qui récidivent dans les 3 ans de leur sortie de prison
- 3500 : c'est le nombre de condamnés à de l'emprisonnement qui, faute de place, attendent d'être incarcérés
- 1.000 : c'est le nombre de malades mentaux qui sont emprisonnés faute de place en hopitaux psychiatriques
- 44 % : c'est le pourcentage de détenus de nationalité étrangère
- 500 : c'est le nombre de gardiens manquants
- 100 : c'est le nombre d'infirmiers manquants
- 60 % : c'est le pourcentage des détenus incarcérés pour des infractions liées aux stupéfiants
- 600 : c'est le nombre de détenus qui dorment chaque nuit à même le sol
- sans papier (memo)
Une histoire simple
Il a 23 ans.
Première condamnation.
Pas un monstre. Pas un cas désespéré.
Juste quelqu’un qui a fait un mauvais choix.
Le juge hésite.
Puis tranche :
prison.
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Quelques mois plus tard
Il a perdu :
• son travail
• son logement
• ses repères
Sa famille vient moins. Puis plus du tout.
En détention, il apprend autre chose :
• comment contourner les règles
• comment ne pas se faire avoir
• comment survivre
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Ce qu’il ressent
De la honte.
Puis de la colère.
Puis du rejet.
Pas contre lui.
Contre la société.
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Le jour de la sortie
Il sort.
Mais il ne retrouve rien.
Pas de travail.
Pas de logement.
Pas d’aide.
Seulement une étiquette :
“ancien détenu”
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Et maintenant ?
Il recroise les mêmes personnes.
Les mêmes habitudes.
Les mêmes réflexes.
Et souvent…
il recommence
À quoi sert vraiment la prison ?
On dit qu’on enferme pour protéger.
On dit qu’on punit pour empêcher.
On dit qu’on éloigne pour sécuriser.
C’est ce que l’on dit.
Mais est-ce vraiment ce que l’on fait ?
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Car une peine de prison n’est jamais éternelle.
Un jour, la porte s’ouvre.
Et ce jour-là, la seule question qui compte est brutale, simple, incontournable :
l’homme qui sort est-il moins dangereux… ou davantage ?
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On préfère ne pas la poser.
Parce que la réponse dérange.
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On parle de sanction.
On parle de faute.
On parle de responsabilité.
Mais on oublie de regarder ce que produit réellement la prison.
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La prison ne suspend pas une vie.
Elle la fracture.
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Elle retire presque tout :
le travail,
le logement,
les repères,
la dignité parfois.
Elle éloigne les proches.
Elle distend les liens.
Elle isole.
Et dans cet isolement, quelque chose se transforme.
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La prison n’est pas un vide.
C’est un milieu.
Un milieu où l’on apprend,
où l’on observe,
où l’on s’endurcit.
Un milieu où l’on rencontre ceux que l’on n’aurait jamais dû rencontrer.
Un milieu où l’on devient parfois ce que l’on n’était pas encore.
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Et puis il y a la frustration.
L’accumulation lente, silencieuse, quotidienne.
Elle ne disparaît pas.
Elle attend.
Et à la sortie, elle prend une autre forme :
la colère.
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Ajoutez à cela les blessures déjà là :
les addictions,
les fragilités,
les parcours cabossés.
Rien n’est soigné.
Ou si peu.
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Et pourtant, on espère.
On espère qu’en sortant, tout ira mieux.
Sans préparation.
Sans accompagnement réel.
Sans reconstruction.
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Mais sur quoi repose cet espoir ?
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Sur une illusion.
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Car la réalité est connue.
Elle est documentée.
Elle est massive.
La récidive n’est pas une anomalie.
Elle est la conséquence.
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Alors il faut avoir le courage de dire les choses simplement :
la prison, dans bien des cas, ne corrige pas.
Elle aggrave.
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Et pourtant, on continue.
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Pourquoi ?
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Parce que le juge, lui aussi, espère.
Il espère que cette fois sera différente.
Que la peine sera suffisante.
Que le choc fera effet.
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Mais souvent, la prison n’est pas une fin.
C’est un début.
Le début d’un enchaînement.
Condamnation.
Prison.
Sortie.
Récidive.
Retour.
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Un cercle.
Toujours le même.
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Et face à ce cercle, on répond comment ?
Par plus de peine.
Plus de sévérité.
Plus d’enfermement.
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Comme si l’intensité pouvait réparer l’échec.
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Mais ce que l’on ne veut pas voir, c’est que ce système s’auto-alimente.
Plus on punit, plus on produit ce que l’on prétend combattre.
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Et pendant ce temps-là, les chiffres parlent.
Les jeunes récidivent davantage.
Les parcours s’alourdissent.
Les sorties sans accompagnement aggravent tout.
La surpopulation carcérale, elle, écrase tout.
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Mais il y a plus profond encore.
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Il y a le regard.
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En prison, l’homme devient un dossier.
Un numéro.
Un coupable.
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Et le regard posé sur lui est rarement un regard qui relève.
C’est un regard qui juge.
Qui enferme.
Qui réduit.
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Alors il se défend.
Il se justifie.
Il se ferme.
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Et quand il sort, il emporte ce regard avec lui.
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Car on finit toujours par devenir ce que les autres voient en nous.
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Alors dites-moi :
comment espérer qu’un homme sorte meilleur
d’un endroit qui ne le regarde jamais comme tel ?
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La vérité est là.
Elle est inconfortable.
Mais elle est incontournable.
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Punir ne suffit pas.
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Et parfois…
punir aggrave.
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Si l’objetif est réellement de protéger la société,
alors il faut changer de question.
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Ce n’est pas :
“faut-il punir ?”
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C’est :
“qu’est-ce qui empêche vraiment de recommencer ?”
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Et tant que nous refuserons d’y répondre,
nous continuerons à tourner en rond.
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À enfermer.
À libérer.
Et à recommencer.
Trois questions pour approfondir :
Quels sont les objectifs de l'emprisonnement ?
Avant d’engager toute réflexion sur l’emprisonnement, il convient de revenir à l’essentiel : quel objectif poursuit-on réellement ?
Il est généralement admis que la société, en privant l’un de ses membres de liberté, cherche avant tout à se protéger. L’emprisonnement répond ainsi à une logique d’éloignement : écarter, pour un temps, un individu perçu comme potentiellement dangereux.
Mais cette protection est, par nature, provisoire. La peine a un terme. L’individu détenu est appelé à réintégrer la société.
Dès lors, une question fondamentale s’impose : à sa sortie, sera-t-il moins dangereux… ou davantage ?
Toute politique pénale qui prétend renforcer la sécurité collective ne peut faire l’économie de cette interrogation.
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Il faut alors examiner, sans complaisance, les effets réels de l’incarcération.
Dans la majorité des situations, force est de constater que la prison fragilise davantage qu’elle ne répare.
Elle précarise d’abord.
L’incarcération entraîne bien souvent la perte de l’emploi, des revenus et du logement. Ce constat n’a rien de théorique : il correspond à une réalité fréquemment observée.
Elle désagrège ensuite les liens sociaux.
Les relations familiales s’érodent, parfois jusqu’à la rupture. Les visites se raréfient, les distances s’installent, les équilibres se brisent.
Elle expose également à un environnement criminogène.
La prison, loin d’être un espace neutre, favorise les rencontres délétères et les influences négatives, susceptibles d’ancrer davantage encore des trajectoires délinquantes.
Elle engendre, en outre, des frustrations profondes.
Les privations, les tensions liées notamment à la surpopulation carcérale, nourrissent un ressentiment qui, à la libération, peut se retourner contre la société elle-même.
Elle laisse souvent intactes les vulnérabilités initiales.
Les problématiques d’addiction — fréquentes parmi les personnes détenues — sont insuffisamment prises en charge, rendant illusoire l’idée d’une amélioration spontanée à la sortie.
Enfin, elle prépare insuffisamment le retour à la vie libre.
La réinsertion ne s’improvise pas. Elle suppose un accompagnement structuré et anticipé, dont chacun constate aujourd’hui les carences.
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Dans ces conditions, il est difficile de soutenir que l’emprisonnement permette, dans la majorité des cas, une amélioration réelle des personnes condamnées.
Les taux élevés de récidive ne sont pas une anomalie : ils traduisent les limites du système.
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Il ne s’agit pas de nier la nécessité de sanctionner.
Mais il est indispensable de s’interroger sur l’efficacité des moyens employés.
Persister dans une logique de recours quasi systématique à l’emprisonnement, sans en interroger les effets, revient à entretenir une illusion de sécurité.
Il est dès lors urgent de repenser cette approche — non seulement dans l’intérêt des personnes condamnées, mais aussi, et surtout, dans celui de la société tout entière.
Pourquoi les juges condamnent-ils de plus en plus à l’emprisonnement ?
Disons-le d’emblée : sauf circonstances exceptionnelles, il est rare qu’un juge prononce une peine d’emprisonnement ferme dès la commission d’une première infraction.
La prison n’intervient, le plus souvent, qu’au terme d’un parcours.
Un parcours fait de sanctions progressives : amendes, peines avec sursis, avertissements judiciaires.
Si, finalement, l’emprisonnement est prononcé, c’est généralement parce que le juge considère que ces réponses antérieures n’ont pas produit l’effet attendu.
Qu’elles n’ont pas suffi à infléchir le comportement du condamné.
C’est donc, en réalité, la question de la récidive qui se trouve au cœur de la décision.
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En prononçant une peine d’emprisonnement ferme, le juge fait un pari.
Le pari que la prison marquera une rupture.
Qu’elle constituera un choc suffisamment fort pour dissuader de recommencer.
Qu’elle sera, en somme, le point d’arrêt d’une trajectoire délinquante.
Mais ce pari est loin d’être toujours gagné.
Car nous savons — et les observations empiriques le confirment — que l’entrée en prison constitue souvent moins une fin qu’un commencement.
Le commencement d’un enchaînement.
D’un cycle dans lequel les séjours carcéraux tendent à se répéter.
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Il y a là une forme de contradiction.
Ce que le juge recherche — prévenir la récidive —
est précisément ce que l’emprisonnement, dans de nombreux cas, contribue à nourrir.
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Plus largement, il faut interroger la logique même qui sous-tend cette évolution.
À mesure que les condamnations se multiplient, la réponse pénale s’intensifie.
À chaque nouvelle infraction, la peine se veut plus sévère.
Comme si l’aggravation de la sanction devait, mécaniquement, produire davantage d’efficacité.
Or, rien n’est moins certain.
Car cette montée en puissance de la répression peut enfermer, tout à la fois le condamné et l’institution judiciaire, dans une forme de spirale.
Une spirale où l’on répond à la récidive par davantage de peine,
et où la peine, à son tour, n’empêche pas la récidive.
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Dès lors, une question s’impose.
Faut-il continuer à intensifier la sanction…
ou accepter de déplacer le regard ?
Peut-être est-il temps de comprendre ce qui se joue,
plutôt que de répondre systématiquement par un surcroît de répression.
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Quels sont les facteurs de risque de récidive ?
Les études disponibles apportent, à cet égard, des enseignements éclairants.
Elles montrent d’abord que l’âge joue un rôle déterminant :
les jeunes adultes (18 à 24 ans) récidivent environ deux fois plus que les personnes plus âgées (45 à 54 ans).
Elles soulignent ensuite l’effet cumulatif des condamnations antérieures :
plus le passé pénal est chargé, plus le risque de récidive augmente.
Ainsi, il atteint environ 74 % chez les personnes ayant déjà été condamnées à deux reprises, contre 35 % pour celles qui n’ont pas d’antécédents.
Mais surtout, ces études mettent en évidence un élément souvent sous-estimé :
ce n’est pas tant la durée de l’emprisonnement qui influence la récidive, que les conditions de sortie.
Une sortie sans préparation, sans accompagnement, accroît fortement le risque de rechute.
À l’inverse, un dispositif de réinsertion structuré tend à le réduire de manière significative.
Enfin, la surpopulation carcérale aggrave encore ces phénomènes.
Elle accentue les tensions, limite l’accès aux dispositifs d’accompagnement et compromet les perspectives de réinsertion.
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Ces constats ne relèvent pas de l’opinion.
Ils décrivent une réalité.
Une réalité qui invite, non à renoncer à juger,
mais à interroger les moyens que nous mobilisons pour prévenir ce que nous prétendons combattre.
Trois personnalités s'expriment :
Marc NEVE - Avocat et Président du C.C.S.P.
Marc NÈVE est un célèbre avocat pénaliste belge.
Il est aussi Président du C.C.S.P. (Conseil central de Surveillance Pénitentiaire).
Dans un article intitulé "Comment réinventer la détention ? En travaillant sur la réinsertion" publié dans le journal Le Soir du 15/02/2021, Marc NEVE a déclaré :
L’inflation concerne les longues peines : les personnes incarcérées de longue durée sont de plus en plus nombreuses, ce phénomène est continu depuis plus de dix ans et on se retrouve avec des détenus très âgés.
Le problème vient de la manière dont certains magistrats pensent que les peines vont être exécutées : je suis parfois dérouté en parlant avec eux, ils sont encore dans la croyance que les détenus sont presque systématiquement libérés au tiers de la peine alors que c’est loin d’être vrai. Rares sont en outre les magistrats qui connaissent la réalité carcérale : le code d’instruction criminelle a prévu un contrôle mensuel des lieux de détention par les juges d’instruction, mais y vont-ils ? À Bruxelles, le juge d’instruction de permanence fait un contrôle tous les mois, c’est à souligner. Mais j’en connais beaucoup, ailleurs, qui n’ont jamais mis les pieds dans une prison. En France, quand des jurés sont sélectionnés pour des sessions d’assises, on commence par les emmener faire un tour en prison afin de les confronter, même superficiellement, à la réalité carcérale. C’est une nécessité.
Comment donner un sens à la détention ?
La meilleure manière de donner un sens à la détention, c’est de travailler dès le départ à un plan de détention, avec des moyens pour l’élaborer, un service psychosocial qui serait dès le départ aux côtés du détenu pour déterminer son projet de vie à la sortie. On dispose de tous les moyens pour ce faire dans la loi actuelle, sans avoir recours à de nouveaux projets. Mais hélas, cela n’existe pas car on se retrouve face à une répartition des compétences entre les entités fédérées et l’État fédéral, et il manque d’huile dans les rouages.
Philippe MARY - Criminologue et Professeur d'université
Philippe MARY est criminologue et Professeur de politique criminelle et de pénologie à l'ULB (Université Libre de Bruxelles)
Dans un article intitulé "Comment réinventer la détention ? En travaillant sur la réinsertion" publié dans le journal Le Soir du 15/02/2021, Philippe MARY répond aux questions suivantes :
On incarcère plus aujourd’hui qu’avant ?
On incarcère, mais il n’y a pas de perspectives, pas de réflexion, on met les problèmes les uns à côté des autres et depuis des décennies, ils font grosso modo tous la même chose… C’est un gaspillage de moyens financiers hallucinant, il faut voir le rapport de la cour des comptes sur le « master plan prison »… Ça va coûter très cher. Tous les spécialistes montrent que l’extension des prisons n’est pas la solution. Dans la prison de Dinant, 60 ou 70 % des détenus sont des petits toxicos… Vous vous retrouvez avec des gars qui sont là pour des infractions de roulage, des défauts d’assurance : on est en train de remplir les prisons avec des types qui n’y ont rien à faire ! La difficulté est que les juges ont tendance à penser que la prison est la seule vraie peine ; la solution est plus compliquée si l’on veut limiter la prison.
Comment explique-t-on ce « tout à la prison » ?
Dans les facultés de droit, on donne des cours de droit, pas autre chose. Quand mes élèves arrivent au cours de pénologie, ils ont des représentations de sens commun, pour eux la peine de prison semble la peine de référence. Il y a une faute claire et nette des facultés de droit, d’où sortent les magistrats.
Annelies VERLINDEN - Ministre de la Justice (Belgique)
Annelies VERLINDEN est Ministre de la Justice en Belgique
Dans un article intitulé "Nos prisons sont des bombes à retardement" publié dans le journal Le Soir du 24/01/2026, Annelies VERLINDEN répond comme suit aux questions :
Environ 600 détenus dorment à même le sol dans nos prisons. Madame Verlinden, vous proposez, pour lutter contre la surpopulation carcérale, d’anticiper certaines libérations. Cette mesure bloque aujourd’hui : pourquoi est-ce si important pour vous ?
Ce que nous constatons, c’est qu’il y a environ 11.000 places dans nos prisons, mais seulement 9.000 qui répondent réellement aux normes en vigueur. Or, aujourd’hui, nous comptons plus de 13.400 détenus. Cela représente une surpopulation de plus de 2.400 personnes. Il faut impérativement agir. Enfermer des personnes sans garantir des conditions de détention humaines n’a aucun sens. Les prisons ne peuvent pas supporter une telle pression, ni pour le personnel, ni pour les infrastructures, ni pour le système dans son ensemble. C’est pourquoi nous devons avancer vers des solutions structurelles, responsables et durables.
Quelles catégories de condamnés seraient concernées par la libération anticipée ?
Nous souhaitons que les peines prononcées par les juges soient exécutées, car c’est le fonctionnement normal d’un système pénal crédible. Mais je ne peux pas créer de capacité carcérale là où elle n’existe pas. Une des solutions consiste donc à déterminer clairement qui doit être incarcéré : les personnes les plus dangereuses – terroristes, auteurs d’infractions sexuelles, violences graves ou intrafamiliales – sont celles contre lesquelles la société doit être protégée et qui doivent être en prison.
Vous craignez des drames humains à court terme ?
Bien sûr. Le système actuel ne contribue pas à la sécurité. Il ne fait qu’alimenter les réseaux criminels : les personnes qui entrent en prison continuent souvent leurs activités, ou renforcent les réseaux qu’elles ont créés pendant leur détention. Dans certaines prisons, plus de 60 % des détenus ont un lien avec la drogue, que ce soit par consommation ou par activité criminelle. Les prisons sont aujourd’hui des usines à récidive, des bombes à retardement.
Nous répondons à toutes vos questions
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