La Conscience universelle

Une source sans visage, mais qui parle par tous les autres.

La Conscience universelle Une source sans visage, mais qui parle par tous les autres.

Ce qui n'a pas de nom, mais que je reconnais

Aucune frontière entre "eux" et "nous" - juste une humanité partagée, et l'invitation à l'accueillir, telle qu'elle est chez vous aussi.

Il y a des sources d’inspiration qu’on peut nommer, situer, dater. Et il y a celle-ci, qui n’a ni visage ni signature - et qui pourtant infuse tout le reste.

L'exercice de ma profession m'a appris une chose : au fond, la frontière entre “eux” et “nous” est un mensonge que la justice se raconte pour se rassurer. Ce que j’appelle la conscience universelle, c’est cette conviction que la souffrance d’un détenu et celle de sa victime appartiennent à la même humanité - qu’aucune robe, aucun code pénal, aucun box vitré ne peut vraiment séparer.

Ce n’est pas une croyance religieuse. Ce n’est pas non plus un relativisme mou qui excuserait tout. C’est plutôt une exigence : celle de ne jamais réduire un homme à son pire acte, ni une victime à sa blessure - de voir, derrière chaque dossier, une conscience qui pourrait être la mienne dans d’autres circonstances.

Mais cette conscience universelle n’est pas qu’une abstraction que je contemple de loin. Je crois - et ceci n’est qu’une hypothèse qui me plaît, que je n’impose à personne - qu’elle agit, qu’elle m’envoie, au moment où j’en ai besoin, des sources d’inspiration plus incarnées, plus concrètes, comme autant de signes qu’elle prend chair. Un ancien détenu qui reconstruit d’autres vies, un avocat qui écrit sa colère avec les tripes, une haute fonctionnaire qui refuse de dormir tranquille, un philosophe qui ose remettre en cause nos évidences, un film qui filme deux souffrances qui finissent par se parler - je ne les rencontre pas par hasard. Ce sont, je le crois, ses messagers.

Elle se reconnaît - dans chaque geste qui rend à l’autre le visage qu’on avait cessé de voir, et dans chaque rencontre qui semble arriver exactement quand il le fallait.

Je n’exige de personne qu’il partage cette croyance. Je vous invite simplement, avec toute la tendresse qui me caractérise, à la regarder un instant à mes côtés - et à accueillir, comme moi, celles qui vous habitent, même si elles diffèrent des miennes. Car si cette conscience universelle existe, nous en sommes tous, vous comme moi, une part vivante, précieuse, irremplaçable - et chacune de nos opinions, même celles qui s’opposent, en est une incarnation sincère, digne d’être écoutée. Sous nos différences, une seule et même unité nous relie déjà, bien avant que nous ayons échangé un mot, bien avant que nous nous soyons compris. C’est peut-être cela, le plus beau cadeau qu’on puisse se faire : nous n’avons rien à prouver pour être ensemble. Nous le sommes déjà - et je suis sincèrement heureux de le partager avec vous.

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D'autres baffes m'attendent : retour à mes sources d'inspiration

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L'avocat empêcheur de juger en rond.

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