La question essentielle

Punir le passé protège-t-il l'avenir ?

La question essentielle Punir le passé protège-t-il l'avenir ?

La question essentielle

Punir suffit-il à protéger ?

Face à chaque infraction, la réponse semble évidente.

Punir.
Sanctionner.
Faire payer.

Comme une évidence.
Et c’est nécessaire.

Mais, derrière cette évidence, une idée ne vacille jamais :
punir suffirait.

Et si l'erreur était là ?

Et si tout partait de là ?

UNE CROYANCE RASSURANTE

C'est là que tout commence.

Une idée simple.  Presque intuitive et rassurante.

Plus on punit, moins il y a d’infractions.

À première vue, le raisonnement semble imparable.

Après tout, qui souhaiterait risquer une lourde sanction ?

Si le risque suffisait, les infractions auraient disparu.

Or, elles sont toujours là.

UNE LOGIQUE SÉDUISANTE… MAIS TROP SIMPLE

Cette idée a une force : elle est facile.

Augmenter les peines.
Durcir les sanctions.
Afficher la fermeté.

C'est visible et rassurant.

Mais cette simplicité est aussi sa faiblesse.

Car elle repose sur une fiction :

un individu rationnel.

Comme si, dans le feu d’une dispute,
dans la spirale d’une addiction,
on pesait le risque pénal avant d'agir.

La réalité est plus humaine que juridique.

UNE JUSTICE QUI ARRIVE APRÈS

La justice intervient.

Mais après.

Elle sanctionne.
Elle rappelle la règle.

Mais elle ne remonte pas le temps.

Elle ne transforme pas ce qui a conduit à l'acte.

Punir, c’est répondre au passé.

PROTÉGER, C’EST AGIR SUR L’AVENIR

Protéger suppose autre chose.

Empêcher que cela recommence.

Pourquoi cela s’est-il produit ?

PUNIR SANS COMPRENDRE : UNE LIMITE

La justice pénale sait juger.

Mais elle traite difficilement :

les causes.

Ce n’est pas son cœur de métier.
On lui demande de trancher.
On attend d’elle qu’elle punisse.

Résultat : on sanctionne sans transformer.

LA PEINE : RÉPONSE… ET ILLUSION

La peine ne joue pas seulement un rôle juridique.

Elle rassure.

Elle donne le sentiment que quelque chose a été fait.

Mais elle peut aussi devenir autre chose :

un alibi.

Et alors,

punir devient une fin, au lieu d'un moyen.

UNE DISSUASION MAL POSÉE

La dissuasion ne repose pas seulement sur la sévérité.

Elle repose sur un équilibre :

  • la certitude d’être sanctionné
  • la rapidité de la réponse
  • la compréhension de la décision
  • la capacité à éviter la récidive

Une peine lourde et tardive dissuade peu.

Une réponse rapide, certaine et comprise dissuade davantage.

QUAND L’ILLUSION SE FISSURE

Puis vient la récidive. Et, avec elle, l’incompréhension.

“Il avait déjà été condamné.”

Alors la conclusion tombe :

la justice serait laxiste.

En réalité, ce n’est pas son absence que l’on constate.

C’est son insuffisance.

UNE CONFUSION AU CŒUR DU DÉBAT

Punir et protéger sont confondus.

Parce que punir est visible et rassurant.

Mais rassurer ne signifie pas protéger.

Punir agit sur le passé.
Protéger agit sur l’avenir.

L’IDÉE CENTRALE

La peine est nécessaire.

Mais croire qu’elle suffit relève de la croyance.

REPOSER LA VRAIE QUESTION

Non plus :

la justice punit-elle assez ?

Mais :

empêche-t-elle réellement que cela recommence ?

CHANGER DE LOGIQUE

Une justice efficace ne renonce pas à punir.

Mais elle ne s’y limite pas.

Elle doit aussi :

  • comprendre
  • agir sur les causes
  • prévenir
  • protéger dans la durée

Passer d’une logique de réaction à une logique de résultat.

CONCLUSION

Punir répond à l’infraction.

Mais cela ne garantit pas que l’infraction suivante n’aura pas lieu.

À force de croire que la sévérité suffit,
on confond punir et prévenir.

Une justice efficace ne frappe pas plus fort.

Elle frappe juste - et n’a pas besoin de frapper deux fois.

Découvrez Bruno GYSELS

L'avocat convaincu que la justice peut et doit beaucoup mieux faire.

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